Drella ou l’histoire de Dracula et Cendrillon

Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas raconté l’histoire d’un disque, très longtemps même puisque cela remonte à décembre 2016 avec « L’album qui n’aurait jamais dû exister ».

Pour cette newsletter et alors que nous avons passé la période de la Toussaint, moment de recueillement et de souvenir, je voulais vous parler d’un album qui date de 1990 et qui marque la réconciliation entre les deux frères ennemis du Velvet Underground, Lou Reed et John Cale. Vous connaissez le Velvet Underground ? Ce groupe New Yorkais de la fin des années 1960, composé de 4 membres ( Lou Reed, John Cale, Sterling Morrison, Maureen Tucker ), totalement avant-gardiste  par leur son, produit par Andy Warhol – qui leur a adjoint la chanteuse Nico le temps d’un album – est peut-être le groupe le plus influent de la scène rock.

Voici d’ailleurs un film d’Andy Warhol sur le Velvet Underground à la Factory :

Naturellement, comme les plus grands artistes, ce groupe ne connut qu’un succès très marginal de son vivant proposant un style totalement en décalage avec les goûts de l’époque, bien loin du flower power en vogue. Pour résumer ils étaient bien plus héroïne que marijuana…

Ils ont fait depuis l’objet d’un véritable culte et ont influencé des artistes comme David Bowie, Iggy Pop,  Joy Division, Patti Smith, Nick Cave, PJ Harvey, Sonic Youth, U2, les Talking Heads  ou les Sex Pistols. Musicalement ces groupes ou artistes sont vraiment différents et pourtant ils ont tous quelque chose en commun : le Velvet Underground.

Pour revenir à notre sujet, il n’est pas question ici de relater l’histoire du Velvet mais d’un album écrit, chanté, joué, produit par Lou Reed et John Cale, les deux fortes personnalités du Velvet qui se sont royalement ignorés – et détestés – pendant 20 ans . Un événement a finalement réussi à les réunir à nouveau, le décès début 1987 d’Andy Warhol.

Cette nouvelle collaboration est un événement dans le rock et l’album qui en est issu est un véritable OVNI : « Songs for Drella » est composé de chansons hommage à leur mentor pleines de tristesse, de regrets, de désarroi, d’amertume et de poésie. Les souvenirs défilent, racontés avec sobriété tour à tour par Cale et Reed.

Nous participons avec eux à la veillée funèbre de Warhol pendant laquelle tout le monde partage ses souvenirs et ses regrets et raconte des anecdotes sur la vie du défunt.

Drella, vous l’aurez deviné, c’est Andy Warhol selon le surnom qui lui fut attribué par Ondine et repris par son entourage, issu d’une contraction entre « Dracula » et « Cinderrella » ( Cendrillon) .

Fils d’immigrés slovaques, Warhol a connu enfant, la pauvreté, les privations, la maladie, la mort prématurée de son père, dans une banlieue polluée de Pittsburgh en Pennylvanie. Grâce à son talent, son anticonformisme et son sens des affaires il est malgré cela devenu l’une des grandes figures artistiques du XXe siècle. Lou Reed et John Cale l’on accompagné un temps, dans les années 60, à l’époque de la Factory qu’ils racontent, jusqu’à la tentative d’assassinat dont il a été victime en 1968 à l’occasion de laquelle il fut déclaré cliniquement mort. Il a su voir leur talent, leur approche novatrice et leur acharnement à en faire quelque chose. Lou Reed et John Cale doivent beaucoup à Warhol et ils le savent.

Ils livrent un album à l’image de celui qu’ils célèbrent : complexe, parfois insaisissable mais avec une sobriété dans la forme, propre au recueillement.

Cet album est un moment de grâce avec 2 artistes en pleine forme qui parviennent le temps d’un instant à mettre de côté leur rivalité pour produire un album sublime qui, s’il peut parfois paraitre prétentieux à l’image de ses auteurs, bien conscients de leur stature, n’en reste pas moins un monument méconnu du rock (on ne se refait pas) .

Après cet album John Cale déclarera ne jamais vouloir retravailler avec Lou Reed, ce qu’il fera pourtant  quelques années plus tard lors de la reformation éphémère du Velvet Underground pour une série de concerts.

 

Je vous propose deux de mes chansons préférées de l’album, interprétées en live et avec sous-titre des paroles.

Forever Change chantée par John Cale avec John Cale au piano et Lou Reed à la guitare

Work chantée par Lou Reed avec Lou Reed à la guitare et John Cale au piano

 

Titres de l’album :

Tous les titres sont écrits par Lou Reed et John Cale.

  • Lou Reed : voix, guitares
  • John Cale : voix (sur les titres marqués *), violon, claviers, piano
  1. Small Town – 2:04
  2. Open House – 4:18
  3. Style It Takes – 2:54 *
  4. Work – 2:38
  5. Trouble with Classicists – 3:42 *
  6. Starlight – 3:28
  7. Faces and Names – 4:12 *
  8. Images – 3:31
  9. Slip Away (A Warning) – 3:05
  10. It Wasn’t Me – 3:30
  11. I Believe – 3:18
  12. Nobody But You – 3:46
  13. A Dream – 6:33 *
  14. Forever Changed – 4:52 *
  15. Hello It’s Me – 3:13

 

Voilà donc une newsletter qui célèbre à sa façon ce temps de recueillement propre à la saison. Nous vous laissons avec notre sélection lesbrocanteurs.fr de la semaine, librement inspirée de l’ambiance Factory !

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